Depuis la crise financière de 2008, le manque de confiance dans le système bancaire international est une préoccupation majeure.

En effet, et malgré toutes les réformes bancaires engagées depuis 2008, plusieurs sondages démontrent l’absence de confiance des citoyens dans le système bancaire.

 

Le taux de confiance dans le système bancaire

En France, un récent sondage de Deloitte montre toutefois une légère reprise de la confiance dans le système bancaire à 41% en 2017 contre 38% l’année précédente, comparé à 33% en 2012.

On est encore loin d’avoir retrouvé le niveau de confiance dans le système bancaire qui existait avant la crise!

De plus, les chiffres sont similaires dans le reste de l’Europe.

Bref, les citoyens ne semblent pas très confiants en leurs banques, dix ans après la crise des subprimes!

En revanche, il faut dire qu’au Canada, le taux de confiance dans le système bancaire est plutôt fort, avec 87%.

Mais qu’en est-il de la confiance dans le système bancaire aux États-Unis ?

Malheureusement, le sondage du World Economic Forum (WEF) dont parle le Business Insider et qui traite de la perception de la solidité des banques n’est pas très élogieux.  Ni pour les banques américaines ni pour le Royaume-Uni!

Manifestement, les Américains et les Anglais ont carrément perdu confiance dans leur système bancaire.

Le sondage a montré que les habitants de Grande-Bretagne et des États-Unis ne se fiaient plus à leurs systèmes bancaires depuis la crise financière de 2008. Le Royaume-Uni a été classé 59e, et les États-Unis, 24e, derrière le Guatemala, Panama et Honduras.

La France ne fait pas non plus partie du classement de ces 17 pays — elle se positionne à la 22e place du classement WEF.

On dirait bien que dix ans après la crise, rien n’a changé en ce qui concerne la fragilité du système bancaire!

La crise de 2008 est loin d’être terminée…

 

Le prix de l’or, baromètre de la confiance dans le système bancaire?

 

 

Pourquoi est-ce que lorsque les cours des plus grandes banques baissent (en noir) l’or (en bleu) monte-t-il?

Sur ce graphique que vous pouvez actualiser, vous verrez que les titres bancaires évoluent généralement dans le sens contraire du prix de l’or.

Une coïncidence ?

Ce graphique démontre clairement l’absence de confiance dans le système bancaire.

Pour l’instant, la normalité nous laisse croire que notre situation actuelle est confortable.

Mais il faut penser à ce qu’il arriverait à vos investissements si lors d’une nouvelle crise.

Comme investisseur, LL est de plus en plus judicieux de se demander “Quel sera l’impact de la prochaine crise, sur vos investissements, sur votre situation financière, sur votre épargne, sur la valeur de votre fonds de pension et sur vos titres obligataires émis par les états?

 

Est-ce que tout le système bancaire s’écroulera?

Pas nécessairement. Mais peut-on envisager qu’il y a aura des dommages dans l’économie?

Et que quelqu’un paiera?

Ce “quelqu’un” pourrait bien être vous!

La directive relative au redressement des banques et à la résolution de leurs défaillances (BRRD) a été transposée par ordonnance à la France le 21 août (2015). Elle met en place une procédure de «bail-in», ou «renflouement interne», en opposition au «bail-out», ou «renflouement externe», par l’État. Le Figaro.

À ce jour, des lois similaires existent ailleurs en Europe, au Canada, aux États-Unis et au Japon (probablement aussi en Chine).

Il faut admettre que les résultats concrets des réformes pour renforcir le système financier n’ont pas donné les résultats escomptés!

Et tout ce qu’on a trouvé pour faire face au risque financier systémique, c’est la ponction des comptes bancaires en cas de faillite bancaire!

Si bien qu’autant les ménages que les financiers désespèrent de voir se produire une vraie réforme du système bancaire.

 

La vérité sur le système bancaire

Pratiquement tous les moyens retenus et déployés depuis 2009 pour rétablir la confiance du système bancaire et financier international ont échoué.

En effet, les autorités monétaires poursuivent encore et toujours le même but: sauver le système financier.

Mais ce même système financier continue de commettre de graves bévues et de prendre beaucoup trop de risques, selon l’avis même du FMI.

En fait, dix ans après la crise de 2008, on continue d’essayer de sauver le système financier!

Et ça, ce n’est pas normal!

A-t-on peur pour rien?

Avons-nous raison de craindre l’insolvabilité de nos banques?

En tout cas, il semble que le FMI n’ait pas une grande opinion de la valeur des actifs des banques! 

En fait, on a réussi à sauver les meubles en 2009. Mais, de plus en plus, on se demande si on a bien fait!

Car si on avait entrepris les réformes que prône le FMI aujourd’hui, on n’en serait peut-être pas là…

 

Les cryptomonnaies

Serait-ce le manque de confiance dans le système bancaire international qui amène de plus de plus de gens à se tourner vers les cryptomonnaies et l’or?

Et la faiblesse du système bancaire international pourrait-elle être la raison qui pousse les banques centrales à vouloir contrôler les cryptomonnaies? Eux qui n’arrivent pas à bien à garantir la sécurité et la confiance du système bancaire!

De toute évidence, le système financier craint la concurrence des cryptomonnaies.

C’est un signe de faiblesse des banques centrales qui n’arrivent pas non plus à contrôler la perte de valeur de notre monnaie.

 

La situation du système financier mondial dix ans après

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Si vous n’êtes pas encore convaincu que le système financier est toujours défaillant dix ans après la crise, voici quelques chiffres sur le système financier qui vous feront sourciller:

  1. La capitalisation des banques européennes est passée de 1,282 M EUR à 678 M EUR en 10 ans!
  2. Le bonus moyen des traders a multiplié par 10.
  3. Le bilan des banques centrales est passé de 3 T$ à plus de 13 T$.

Note: 1T$ = 1,000,000,000,000$ !

La fabrication d’actifs toxiques se poursuit, dix ans après la crise des subprimes!

C’est incroyable! Mais des milliers de pages de règlementation financière et plus de 10 ans n’ont rien changé au comportement nocif des banques.

Car plus de 320 milliards de dollars d’amendes n’ont pas arrêté la fabrication d’actifs « toxiques »!

L’encours des subprimes atteint 250 milliards de dollars aux États-Unis. C’est moins qu’en 2009. Mais la part des acteurs non régulés, fonds et plateformes de prêt, est passée de 20 à 75 % sur ce marché entre 2007 et 2015.

 

Le niveau de créances douteuses demeure élevé dans les banques européennes

Malgré les réformes en cours, l’Europe compte aussi encore beaucoup de banques à haut risque.

En effet, plusieurs banques aux bilans affaiblis par des créances douteuses risquent d’exploser, en particulier en Italie.

 

La nouvelle menace: les prêts étudiants et les prêts personnels

L’inquiétude monte sur les crédits subprime automobiles (179 milliards de dollars d’encours à fin 2016). Et les prêts étudiants américains, où les retards de paiement s’accumulent.

Les crédits aux ménages très peu solvables (« deep » subprimes) ont aussi explosé et pèsent désormais 33 % des crédits titrisés, contre 5 % en 2010.

Enfin, les titrisations « synthétiques », qui consistent à ne transférer que le risque (et non la propriété de l’actif), se multiplient, comme en 2008.

 

Le risque du système financier en Chine

 

On en parle peu, mais le risque financier chinois est parmi les plus menaçants de la planète en raison de la taille de son économie et de la précarité de son système financier.

La Chine suscite en outre de plus en plus d’inquiétude, car les banques y recourent à des montages de titrisations complexes pour se délester d’actifs toxiques.

Une trentaine d’entre elles totaliseraient 2.000 milliards de dollars de ce type de créance… un montant multiplié par six en quatre ans.

 

Les banques centrales ont créé plusieurs bulles!

Depuis 2007, le bilan des trois plus grandes banques centrales du monde (Banque centrale européenne, Fed Américaine et Banque du Japon) est passé d’environ 3.500 milliards de dollars à plus de 13.500 milliards.

Une masse d’argent s’est déversée sur les marchés financiers provoquant une flambée du prix des actifs. Depuis son point bas de 2009, le S&P 500 a bondi de 265%.

Autre marché considéré comme très cher, les obligations, conséquence de la chute des taux d’intérêt de par le monde (le prix des obligations évolue inversement au taux).

Alors qu’un tiers des dettes d’État offrent encore des rendements négatifs…

 

En conclusion

J’espère vous avoir fait suffisamment peur pour que vous ajoutiez un scénario de crise à votre stratégie d’investissement.

Mon but n’est pas de vous faire peur sans raison.

J’aimerais seulement que vous changiez un peu votre façon de voir votre avenir financier.

Quel est votre scénario en cas de crise?

Marc Blais