Le livre En bourse, investissez dans la valeur! de Jean-Marie Eveillard est un livre pour les puristes. C’est un livre pour tous ceux qui croient comme Peter Lynch, Warren Buffet, Benjamin Graham – et plusieurs autres illustres investisseurs – que les marchés boursiers ne sont pas efficients!

Heureusement qu’il y a encore des gens qui croient à l’efficience des marchés, car autrement, peu d’entre nous ne pourrait exercer leur jugement et faire beaucoup d’argent!

C’est le cas de Jean-Marie Eveillard qui a battu les principaux indices de référence sur une impressionnante période de 26 ans. Il est considéré le Warren Buffet de la France!

 

Ce livre est un peu une rencontre personnelle avec Jean-Marie Eveillard

investissez dans la valeurDans son livre paru en 2016, M. Eveillard nous explique les principes et les raisons de l’investissement dans la valeur.

Il nous enseigne comment, en combinant les principes de Benjamin Graham avec l’approche avantage compétitif à long terme de Warren Buffet, on peut gagner beaucoup plus en Bourse qu’en investissant dans les indices (FNB indiciels).

Durant quelques décennies, il a su concentrer ses investissements dans des entreprises sous-évaluées avec un bon potentiel de croissance à long terme. Et les résultats qu’il a obtenus le rendent suffisamment crédible pour que vous lisiez son livre.

En voici quelques pépites.

 

L’investissement dans la valeur est à la fois simple et difficile!

Voici, dans les mots de Jean-Marie Eveillard, le principe de l’investissement dans la valeur :

La plupart du temps les perspectives à court terme sont sombres pour les entreprises que nous finissons par acheter, à cause de raisons spécifiques à l’entreprise ou d’autres raisons cycliques.

Les meilleures opportunités se trouvent généralement dans une compagnie qui est confrontée aujourd’hui à de mauvaises perspectives à court terme, et qui était auparavant le chouchou de la communauté des investisseurs dans la croissance, et quand ses problèmes en viennent aujourd’hui à être considérés comme permanents.

Si vous pensez que les problèmes rencontrés ne sont pas vraiment permanents, vous pouvez faire un investissement très attrayant s’il s’avère que vous avez raison.

 

À propos de Wall Street et de Buffet

Quand je suis de bonne humeur, je me dis : « Wall Street n’est rien de plus qu’une machine de promotion. » Le reste du temps, je me dis : « Wall Street est un repaire de voleurs. »

Jean-Marie Eveillard n’aime pas la mentalité de Wall Street et il écorche au passage l’approche technique qui selon lui, ne fonctionne que si suffisamment de monde y croit…

Pour lui, l’hypothèse de l’efficience des marchés financiers est une plaisanterie qui a du mal à s’éteindre!

Les investisseurs dans la valeur essaient de penser de façon indépendante. C’est pourquoi nous n’aurons jamais deux investisseurs dans la valeur qui obtiendront la même valeur pour une entreprise, explique-t-il.

Contrairement à ce que veut faire croire Wall Street, investir n’est pas si compliqué!

Investir, c’est simple, mais ce n’est pas facile.

Warren buffet

 

La difficulté d’investir à la Buffet est qu’il faut exercer son jugement. Ce qui explique sans doute l’absence de popularité de la méthode Buffet. Et ce malgré des résultats stupéfiants!

 

L’avenir des marchés…

Et les marchés, pour leurs parts, se comportent occasionnellement de façon erratique. Mais lorsque qu’investisseur intelligent a bien fait son travail, qu’il connaît bien la valeur intrinsèque d’une entreprise, alors il peut en profiter!

Comme le soulignait avec humour Benjamin Graham, l’avenir ne peut être connu.

 

L’avenir est incertain

Benjamin Graham

 

Investissez dans la valeur sur le long terme

M. Eveillard souligne qu’il n’y a pas que lui et Buffet qui obtiennent des rendements supérieurs à la moyenne sur le long terme. Plusieurs études ont prouvé son point de vue. (Je traite de ce sujet au chapitre 5 de mon livre Le Guide de l’investisseur intelligent.)

Il se défend bien d’être une marque comme plusieurs fonds de placement qui dépensent énormément en publicité. Ceux-ci sont d’ailleurs gérés par des gens de marketing! Il ne resterait aujourd’hui qu’environ 5 % de gestionnaires professionnels dans la valeur. La raison de cela?

Un investisseur dans la valeur est un investisseur à long terme. Connaissez-vous beaucoup d’investisseurs à long terme aujourd’hui? Regardez autour de vous…

Pourtant, il est bien plus facile de prévoir ce qui se passera dans disons 10 ans que dans un an!

L’investisseur dans la valeur ne recherche ni à compétitionner les indices boursiers à court terme ni à rester à tout prix dans le troupeau des gestionnaires de son créneau. Ce qui veut dire qu’il accepte d’avance, que de temps en temps il sera à la traîne des indices

 

Investissez dans la valeur, mais acceptez d’être à la traîne des indices!

En outre, Jean-Marie Eveillard précise qu’être à la traîne des indices n’est pas facile, Et cela lui est arrivé quelques fois!

La plupart des fonds de placement sont des fonds indiciels déguisés, autrement dit, leurs portefeuilles restent proches de l’indice afin de ne pas être à la traîne de l’indice à court terme. En d’autres termes, ils n’osent pas sortir du troupeau, et s’ils le font et que cela ne donne pas très vite satisfaction, ils retournent rapidement dans le troupeau…

Il ne faut pas chercher à nager à contrecourant tout le temps! Mais seulement quand c’est approprié…

Et il ajoute: il faut que cela soit dure, sinon tout le monde le ferait!

Investir dans la valeur exige aussi beaucoup de travail, car il existe peu de recherche de qualité disponible. Il faut donc faire le plus gros du travail seul…

 

Et l’économie mondiale, doit-on en tenir compte?

Le plus gros de la croissance économique qui s’est produite aux États-Unis — et parfois ailleurs — a été alimenté par un grand boom de crédit qui a commencé dans les années 1980.

Nous sommes aujourd’hui dans un nouvel environnement économique et financier indéterminé. Du fait de la récente crise financière et des mesures absolument sans précédent prise par les autorités financières depuis 2008.

M. Eveillard se rappelle, en 1998, avoir vécu le sauvetage du Long Term Capital Management (LTCM) comme une indication de l’extrême fragilité du système financier.

 

Et la crise financière?

C’est clair pour Jean-Marie Eveillard que la crise financière est loin d’être terminée.

Aujourd’hui nous sommes entrés dans une époque où les fonds monétaires ne rapportent presque rien parce que la Reserve Fédérale manipule de façon éhontée les taux d’intérêt, en jouant contre les intérêts des épargnants.

La devise à suivre était autrefois « épargnez et investissez » et aujourd’hui c’est plutôt « empruntez et consommez ».

En les poussant vers des actifs risqués comme les actions, puisque les produits à taux fixe ne rapportent presque rien, l’investissement dans les actions est donc devenu l’investissement « par défaut », et c’est un développement dangereux d’autant que les taux d’intérêt vont remonter à un moment ou à un autre.

Le futur ne peut pas être connu, mais les risques de l’économie actuelle justifient de détenir de l’or, selon Jean-Marie Eveillard.

 

L’or a-t-il sa place dans un portefeuille?

La raison d’être de l’or physique dans un portefeuille diversifié c’est de protéger notre portefeuille lors d’évènements extrêmes qui aboutissent — dans la plupart des circonstances — à la chute des marchés boursiers mondiaux.

Ce que Jean-Marie Eveillard aime de l’or?

L’or n’est la dette de personne, il ne peut pas être imprimé ni dévalué.

Jean-Marie Eveillard

 

Quand on regarde l’histoire récente, on s’aperçoit que le système classique de l’étalon-or a prévalu jusqu’à la Première Guerre mondiale. Après la guerre, une grande partie du monde a dérivé vers une version faible de l’étalon-or. Et en 1944, l’accord de Bretton Woods en donna une version plus faible encore. Finalement, en 1971, Nixon a suspendu la convertibilité du dollar américain en or grâce à laquelle les autres états pouvaient échanger leurs dollars contre de l’or.

Et donc, nous sommes maintenant, et depuis 45 ans, dans un système d’argent papier pur. Et l’histoire de tels systèmes est tout sauf encourageante.

Ainsi, le regretté Peter Bernstein (auteur du formidable livre The power of gold) avait coutume de dire que l’or offre une protection contre les évènements extrêmes. Et, « une petite position dans l’or est toujours recommandée ». Dans mon esprit, mais les positions diffèrent, 10 % est un bon chiffre.

Au-dessous de 10 %, la position ne présente que peu d’intérêt, et au-dessus cela devient de la spéculation.

 

Acheter de l’or physique ou acheter des minières?

Si comme investisseur, vous considérez l’or comme une monnaie, alors, vous achèterez des lingots.

Si vous voulez un levier sur le prix de l’or, alors vous investirez dans les sociétés minières. Règle générale — bien que cela ne se soit pas vérifié au cours des dernières années… – lorsque le prix de l’or varie de 10 %, le prix des actions du secteur minier varie de 30 %.

 

Investir dans un fonds de placement

investissez dans la valeurJean-Marie Eveillard qui a géré les Fonds First Eagle a obtenu des résultats impressionnants sur le long terme. Son fonds, le Fonds First Eagle Global a battu l’indice de référence par 4 % avec un rendement annualisé moyen de 15,7 % de 1979 à 2004, soit une période de 26 ans. Ce n’est pas rien!

Il fait quand même la différence entre un fonds de placement efficace et tous les autres fonds qui n’arrivent pas à battre l’indice de référence. Car, ou vous possédez un bon fonds de placement qui dépasse l’indice sur le long terme ou vous devriez tout simplement investir dans un fonds indiciel!

Il y a et il y aura toujours des titres sous-évalués par le marché. Il y en a présentement aux États-Unis, en Europe et en Chine, selon lui.

Jean-Marie Eveillard nous prévient tout de même du risque chinois :

L’une des raisons pour lesquelles l’économie chinoise s’en est aussi bien tirée après la crise financière, c’est grâce à la gigantesque expansion du crédit orchestré par les autorités dans le cadre de cette économie planifiée. Et la phase d’expansion va se transformer en phase de récession, d’une façon ou d’une autre…

 

Investir dans les sociétés holding

Jean-Marie Eveillard aime bien les sociétés holding qui détiennent des positions dans plusieurs compagnies et dont les managers décident quand il est temps d’acheter ou de vendre leurs participations.

Ces valeurs peuvent représenter de très bons investissements si la holding peut être acquise avec un fort discount sur la valeur nette des actifs sous-jacents. Et si les managers sont à la fois compétents et eux-mêmes des actionnaires majeurs de la holding. Car leurs intérêts seront donc alignés sur ceux des actionnaires.

De tels titres ne sont pas sans rappeler les fonds fermés dotés d’actifs de qualité, gérés par de bons managers et s’échangeant à discount sur la valeur de l’actif net du fonds.

Les investisseurs dans de tels véhicules peuvent engranger un double bénéfice. La réduction ou la disparition du discount provoquée par une avancée du prix de la part, plus rapide que celle de l’actif net du fonds. Et une avancée de l’actif net provoquée par une appréciation des business sous-jacents.

 

Investissez dans la valeur comme Jean-Marie Eveillard, Warren buffet ou Benjamin Graham?

À la question « que pensez-vous de l’économie », Benjamin Graham (qui se rappelait trop bien de la crise de 1929) répétait à la blague : « l’avenir est incertain! ».

C’est la raison pour laquelle nous avons besoin d’une marge de sécurité dans l’investissement, chose encore plus appropriée aujourd’hui que jamais, selon M. Eveillard.

 

Accepter de souffrir!

Être un investisseur dans la valeur implique que vous devez accepter de souffrir! Oui, car être un investisseur dans la valeur, c’est être un investisseur à long terme. Et cela implique d’accepter que de temps en temps — et durant quelques années — vous serez en retard sur l’indice. Ce qui est une autre façon de dire que vous allez souffrir!

Et c’est la raison pour laquelle il n’y a pas tant de gens qui sont intéressés à investir de cette façon. Mais si vous croyez aussi fortement que moi que l’investissement dans la valeur a non seulement du sens, mais que cela marche, alors il n’y a pas vraiment d’alternative crédible. »

 

Graham, Buffet ou Eveillard?

L’approche de Graham est statique, quantitative et focalisée sur les états financiers. Benjamin Graham ne tente pas de se projeter dans l’avenir pour évaluer les aspects qualitatifs d’une société.

La force de Buffet a été de trouver de rares sociétés dotées d’avantages compétitifs soutenables et qui allaient demeurer aussi remarquables dans dix ans. Dans ces situations, l’escompte par rapport à la valeur intrinsèque du titre est faible ou inexistant. Mais nous gagnons de l’argent par la croissance de cette valeur intrinsèque.

Le risque avec l’approche Buffet c’est que si nous nous trompons en ce qui concerne « l’avantage compétitif soutenable », le résultat peut être désastreux! Avec l’approche Graham, le fort escompte sur une valeur fondamentale minimise ce risque.

Jean-Marie Eveillard et ses gestionnaires ont valsé entre ces deux grandes approches durant des années.

Et vous, quelle sera votre approche?

Marc Blais, Coach financier