Les banques sont-elles solides selon vous?

Si vous n’êtes pas encore au fait de la fragilité des banques, cet article du FMI (Fonds Monétaire International) sur la fragilité du système bancaire devrait vous faire réfléchir! Il arrive quelques fois que la peur nous impose de ne pas voir le danger autour de nous… Soyons courageux!

 

Notre information économique est positivement biaisée

Certains seront surpris d’apprendre que l’opinion des organismes internationaux indépendants comme le FMI, l’OCDE et la Banque Mondiale est souvent en contradiction avec la BCE (Banque Centrale européenne) et avec la FED (Federal Reserve).

Que ces organismes soient ou non vraiment indépendants des grands gouvernements de la planète, importe peu aux fins de cet article.

Ce qui est important, c’est de faire ressortir leurs fréquentes divergences de vues avec la BCE et la FED quant à l’économie mondiale et son avenir.

La grande majorité des nouvelles financières et économiques sont politisées par nos gouvernements. D’abord pour tenter de teinter positivement la réalité afin de nous maintenir optimistes face à notre avenir économique et de nous pousser à consommer davantage. Ensuite, et c’est la conséquence de ce qui précède; afin de faciliter leur réélection!

Le FMI et les autres organismes pèsent leurs mots lorsqu’il est question des perspectives de l’économie mondiale. Malgré cela, leur constat est sévère quand à la fragilité des banques. Et aussi, leurs perspectives économiques sont souvent très différentes de ce que vous entendez et lisez tous les jours dans les médias.

 

La fragilité des banques selon le FMI

Mes lectures et observations sur le terrain lors de mes nombreux voyages en Asie, en Europe et dans les Amériques ont attiré mon attention sur le fait suivant :

La crise financière de 2009 n’est pas terminée!

Lorsqu’ils en parlent, les responsables du FMI utilisent plutôt des phrases comme;

Le premier défi à relever est celui des séquelles de la crise dans les pays avancés, notamment dans le secteur bancaire, compte tenu du rôle fondamental qu’il joue dans le financement de l’économie. (1)

et :

La présente édition (avril 2016) du Rapport sur la stabilité financière dans le monde pose la question de savoir si les turbulences observées durant ces derniers mois sont révolues ou si elles constituaient un signal d’alerte nous invitant à agir davantage. Je penche plutôt pour la deuxième explication : il faut faire plus pour assurer la stabilité mondiale. (1)

S’il faut agir davantage, c’est que le problème n’est toujours pas réglé. Autrement, on n’en parlerait déjà plus!

15 % des actifs bancaires sont improductifs et 25 % le sont… peut-être!

La fragilité des banques - Tableau du FMI

 

On parle ici seulement des créances douteuses des pays avancés comme le Canada, l’Europe et les États-Unis.

Le 15 %

Le FMI utilise le terme CONTESTÉ pour décrire la probabilité élevée que ces banques ne recouvrent jamais leurs créances.

Le 25 %

Le tableau montre qu’il y a aussi 25 % des actifs bancaires des pays avancés qui sont ÉPROUVÉS! Que veut dire éprouvé ici? Je n’ai pas trouvé l’explication jusqu’à maintenant, mais si je me fie à mes connaissances comptables — je sais, l’économie et la comptabilité font deux! — il y a un risque X (difficile à quantifier, mais quand même plutôt matériel) que les banques ne récupèrent pas leur capital investi/prêté.

 

Et le plus intéressant, le 60 %!

Il n’y aurait que 60 % des actifs des banques (les prêts et investissements) qui seraient ADÉQUATS.

Dans la zone euro, les tensions des marchés mettent aussi en évidence des séquelles de longue date. Il est urgent de corriger le niveau élevé des créances improductives en mettant en œuvre une stratégie globale et, à terme, il faudra gérer l’excédent de capacité du système bancaire, à savoir le nombre trop élevé d’établissements. L’Europe doit en outre parachever l’union bancaire et établir un dispositif commun de garantie des dépôts. (1)

En décortiquant cet extrait, on peut en tirer quelques conclusions utiles :

  1. “… des séquelles de longue date »… c’est-à-dire qu’elles n’ont pas été réglées depuis la crise de 2009, ces séquelles?
  2. “… Corriger le niveau élevé des créances improductives… » qui justifient encore plus d’aide financière encore au système financier sous la forme de QE (Quantitative Easing). Ce qui suppose d’imprimer encore plus d’argent pour racheter encore plus de créances douteuses des banques. Un QE4?
  3. “…Établir un dispositif commun de garantie des dépôts », mais pour quoi faire si comme le disent les banques centrales et les gouvernements, les risques du système bancaire sont derrière nous?

Un petit rappel :

IMPRIMER DE LA MONNAIE = PERTE DE VALEUR DE CETTE MONNAIE = INFLATION = PERTE DE VALEUR DE VOTRE PATRIMOINE

Une stagnation économique et financière à l’échelle mondiale selon le FMI

Le FMI se demande si les turbulences observées durant ces derniers mois sont terminées ou si elles sont plutôt un signal d’alerte nous invitant à agir davantage.

Réponse du FMI : il faut faire plus pour assurer la stabilité mondiale. Des mesures additionnelles s’imposent. (1)

Sinon?

Les turbulences risquent de s’emparer de nouveau des marchés et de s’intensifier, en créant un cercle vicieux de crise de confiance, d’affaiblissement de la croissance, de durcissement des conditions financières et d’alourdissement de la dette. Cette situation pourrait aboutir à une stagnation économique et financière à l’échelle mondiale. Dans ce type de scénario, selon nos estimations la production mondiale pourrait chuter de près de 4 % par rapport à nos projections de référence sur les cinq années à venir. (1)

En conclusion

Sept ans après le début de la crise financière de 2009, la question de la fragilité des banques se pose toujours et menace l’équilibre financier de la planète.

À l’échelle mondiale, il importe de parachever et d’exécuter le travail de réforme de la réglementation financière, y compris pour les établissements non bancaires.

En plus de toutes les mesures touchant la politique monétaire comme les taux zéro (et même négatifs), les banques centrales utilisent la création monétaire pour financer :

  1. les déficits des gouvernements et
  2. le rachat massif des mauvaises créances des institutions financières des grandes économies du monde
  3. les dettes des émetteurs pourtant considérés AA et AA+ comme les États-Unis et le Japon

L’investisseur intelligent est en droit de se demander dans quel actif il devra investir pour protéger son capital à l’avenir. C’est peut-être pour cette raison qu’on note un déplacement massif des investisseurs les plus riches vers les actifs tangibles comme l’immobilier, l’or et les œuvres d’art de haute qualité.

Non, la crise financière de 2009 n’est pas terminée et oui, les banques sont encore fragiles.

Si vous étiez de ceux qui croyaient que le système financier s’était solidifié depuis la crise de 2008-2009, partagez cet article avec d’autres investisseurs comme vous.

Marc Blais, Coach financier

(1) FMI Signaux d’alerte face à la montée des risques financiers mondiaux

 

Crédit photo : 123RF/Timur Arbaev