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Il faut vraiment creuser pour connaitre la réalité sur la fragilité des banques! Dans cet article, j’ai tenté d’évaluer l’impact possible d’une seconde phase de la crise financière initiée par la faillite de Lehman Brothers il y a plus de dix ans.

Une de mes sources favorites est de lire les publications (généralement assez complexes, je l’avoue) du Fonds Monétaire International (FMI).

Aussi, si vous n’êtes pas encore au fait de la fragilité des banques, cette publication du FMI sur la fragilité du système bancaire devrait vous faire réfléchir!

Il arrive quelques fois que la peur nous impose de ne pas voir le danger autour de nous… Aussi, le défi c’est d’être assez courageux pour faire face aux faits.

C’est d’ailleurs ce que je tente de faire en lisant et commentant les meilleures sources d’information financières. Vous avez accès gratuitement à mes commentaires ici.

De plus, mes observations sur le terrain lors de mes nombreux voyages en Asie, en Europe et dans les Amériques me donnent plein de signaux à l’effet que la crise financière de 2008 n’est pas terminée!

 

Les banques sont-elles solides selon vous?

Notre information économique est souvent positivement biaisée par nos politiciens en mal d’une réélection.

Et comme la majorité des médias se contentent de relayer l’information économique partielle et soigneusement filtrée par des experts en communication, on n’obtient généralement que des demi-vérités! Lesquelles vérités cachent une réalité économique plus obscure…

Plusieurs seront surpris d’apprendre que l’opinion des organismes internationaux indépendants comme le FMI, l’OCDE et la Banque Mondiale est souvent en contradiction avec celles de la BCE (Banque Centrale européenne) et de la FED (Federal Reserve).

Certains diront que ces organismes sont indépendants des gouvernements. C’est à vous d’en juger. Mais dans les faits, vous verrez que cela importe pour saisir l’état actuel de la fragilité des banques.

Pourquoi la grande majorité des nouvelles financières et économiques sont-elles politisées par nos gouvernements?

C’est que leur principal but est de teinter positivement la réalité afin que l’on demeure optimiste face à notre avenir économique. Car maintenir la confiance des ménages permet de maintenir la consommation.

Et de faciliter la réélection des autorités au pouvoir!

 

 

La fragilité des banques selon le FMI

Le FMI et les autres organismes internationaux pèsent leurs mots lorsqu’il est question des perspectives de l’économie mondiale.

Malgré cela, vous verrez que leur constat est sévère quand ils s’expriment sur la fragilité des banques.

Vous remarquerez aussi que les perspectives économiques du FMI sont souvent très différentes de ce que rapportent les médias.

Lorsque les responsables du FMI s’expriment sur la fragilité des banques, ils utilisent un langage nuancé comme ce qui suit:

Le premier défi à relever est celui des séquelles de la crise dans les pays avancés, notamment dans le secteur bancaire, compte tenu du rôle fondamental qu’il joue dans le financement de l’économie. (1)

ou comme ceci :

La présente édition (avril 2016) du Rapport sur la stabilité financière dans le monde pose la question de savoir si les turbulences observées durant ces derniers mois sont révolues ou si elles constituaient un signal d’alerte nous invitant à agir davantage. Je penche plutôt pour la deuxième explication : il faut faire plus pour assurer la stabilité mondiale. (1)

Je comprends que s’il faut agir davantage, c’est que le problème n’est toujours pas réglé.

Autrement, on n’en parlerait plus!

 

Selon le FMI, 15 % des actifs bancaires sont improductifs et 25 % le sont… peut-être!

La fragilité des banques - Tableau du FMI

 

On parle ici seulement des créances douteuses des pays avancés comme le Canada, l’Europe et les États-Unis.

 

15 % des actifs bancaires sont improductifs

Le FMI utilise le terme contesté pour décrire la probabilité élevée que ces banques ne recouvrent jamais leurs créances.

 

25 % des actifs bancaires sont peut-être improductifs

Le tableau montre qu’il y a aussi 25 % des actifs bancaires des pays avancés qui sont éprouvés!

Que veut dire éprouvé ?

Je n’ai pas trouvé d’explication précise jusqu’à maintenant. Mais si je me fie à mes connaissances comptables, j’en déduis qu’il y a un risque X (difficile à quantifier, mais quand même plutôt matériel) que les banques ne récupèrent pas leur capital investi (prêté).

 

Mais le plus intéressant est le 60 %!

Il n’y aurait que 60 % des actifs des banques (les prêts et investissements) qui seraient adéquats.

Dans la zone euro, les tensions des marchés mettent aussi en évidence des séquelles de longue date. Il est urgent de corriger le niveau élevé des créances improductives en mettant en œuvre une stratégie globale et, à terme, il faudra gérer l’excédent de capacité du système bancaire, à savoir le nombre trop élevé d’établissements. L’Europe doit en outre parachever l’union bancaire et établir un dispositif commun de garantie des dépôts. (1)

En décortiquant cet extrait, on peut en tirer quelques conclusions utiles :

  1. Des séquelles de longue date. Ce qui veut dire qu’elles n’ont pas été réglées depuis la crise de 2009, ces séquelles!
  2. Corriger le niveau élevé des créances improductives. C’est ce qui justifie encore plus d’aide financière au système financier sous la forme de QE (Quantitative Easing). C’est ce qui pousse la BCE à continuer à imprimer encore plus de monnaie pour racheter encore plus de créances douteuses des banques.
  3. Établir un dispositif commun de garantie des dépôts. Mais pourquoi, si comme le disent les banques centrales et les gouvernements, les risques du système bancaire sont vraiment derrière nous?

 

Je vous propose donc ce petit rappel technique:

IMPRIMER DE LA MONNAIE = PERTE DE VALEUR DE CETTE MONNAIE = INFLATION = PERTE DE VALEUR DE VOTRE PATRIMOINE!

 

Une stagnation économique et financière à l’échelle mondiale selon le FMI

En 2016, le FMI se demandait encore si les turbulences observées durant les derniers mois étaient terminées. Ou si elles étaient plutôt un signal d’alerte nous invitant à agir davantage.

La réponse du FMI ? Il faut faire plus pour assurer la stabilité mondiale. Des mesures additionnelles s’imposent. (1)

Sinon?

Les turbulences risquent de s’emparer de nouveau des marchés et de s’intensifier, en créant un cercle vicieux de crise de confiance, d’affaiblissement de la croissance, de durcissement des conditions financières et d’alourdissement de la dette. Cette situation pourrait aboutir à une stagnation économique et financière à l’échelle mondiale. Dans ce type de scénario, selon nos estimations la production mondiale pourrait chuter de près de 4 % par rapport à nos projections de référence sur les cinq années à venir. (1)

 

Ma conclusion sur la fragilité des banques

Dix ans après le début de la crise financière de 2009, la question de la fragilité des banques se pose toujours et menace toujours l’équilibre financier de la planète.

Plus qu’en 2008?

Difficile à dire.

Mais ce qui est certain, c’est qu’à l’échelle mondiale, il importe de parachever et d’exécuter le travail de réforme de la règlementation financière. Y compris pour les établissements non bancaires!

Le risque est important. Car en plus de toutes les mesures touchant la politique monétaire – comme les taux zéro et même négatifs appliqués par les banques centrales de certains pays –  les banques centrales utilisent encore systématiquement la création monétaire pour financer :

  1. Les déficits des gouvernements.
  2. Le rachat massif des mauvaises créances des institutions financières des plus grandes économies du monde.
  3. Les dettes des émetteurs pourtant considérés AA et AA+ comme les gouvernements des États-Unis et du Japon.

L’investisseur intelligent est en droit de se demander dans quel actif il devra investir pour protéger son capital à l’avenir.

C’est peut-être pour cette raison qu’on note un déplacement si massif de capitaux. Puisque des investisseurs ultras riches vendent certains actifs plus volatiles et acquièrent des actifs tangibles comme l’immobilier, l’or et les œuvres d’art de haute qualité…

C’est pourquoi, ma conclusion c’est que non, la crise financière de 2009 n’est pas terminée. Et que oui, les banques sont encore assez fragiles.

Étiez-vous de ceux qui croyaient que le système financier s’était solidifié depuis la crise de 2008-2009?

Vous n’êtes pas seul. Je vous invite à partager cet article avec d’autres investisseurs comme vous!

Marc Blais CPA, CGA

(1) FMI Signaux d’alerte face à la montée des risques financiers mondiaux