Dans le domaine de l’investissement, comme dans plusieurs domaines, il existe une croyance. Celle qu’investir en bourse est plus rentable à long terme que d’investir dans les titres à revenu fixe (comme les obligations et les certificats de dépôts).

Mais est-ce toujours vrai?

 

Qu’en est-il du rendement comparatif des actions et des obligations?

Voyons attentivement le rendement comparatif des actions et des obligations au cours de deux longues périodes, soit de 1946-2012 (66 ans) et de 1982-2012 (30 ans).

Il est important de se souvenir que les rendements passés ne sont pas toujours garants des rendements futurs.

Toutefois, on sait que plus on considère une longue période en arrière, moins on devrait se tromper. Généralement, en tout cas!

J’ai donc recueilli certains chiffres à partir d’une étude de Desjardins qui s’intitule « Rendement des grandes classes d’actif à long terme ». L’étude date de 2013. Elle exclut donc les excellents rendements boursiers des quatre dernières années. J’en suis bien conscient. Mais, il s’agit d’une étude qui mesure les rendements comparatifs des actions et des obligations canadiennes pour deux longues périodes. Soit :

 1946-2012 (66 ans)1982-2012 (30 ans)
Actions canadiennes 9,8 %9,1 %
Obligations canadiennes 10 ans 6,9 % 10,9 %

 

Des statistiques sur 66 ans et 30 ans

Pour la période 1946-2012, le rendement des actions canadiennes a surpassé celui des obligations de 10 ans du gouvernement canadien par près de 3 %. Impressionnant!

Toutefois, pour la période de trente ans de 1982 à 2012, le taux moyen annuel de rendement de la Bourse de Toronto a été de 9 % approximativement. Et le rendement des obligations canadiennes garanties par l’état, de tout près de 11 %!

Ces chiffres contredisent vraiment la croyance indiquant qu’investir en bourse soit plus rentable que d’investir dans les obligations à long terme.

Mais comment expliquer cela?!

Au cours de la période de 12 ans (2000-2012), le marché boursier canadien a augmenté de 5,4 %. Tandis que sur la même période de 10 ans, les obligations du gouvernement canadien ont rapporté 7,4 %!

Encore un revers pour la croyance voulant qu’il soit toujours plus rentable d’investir dans les actions!

Il faut dire que les années 2000-2009 ont été une décennie perdue pour la bourse avec un rendement boursier moyen annuel de 5,7 % au Canada et -0,09 % aux États-Unis!

Pour la même période de 10 ans, les rendements des obligations d’état de durée fixe de 10 ans ont été respectivement de 6,7 % et 5,9 %.

Quel sera le rendement de la prochaine décennie (2010-2019)?

En théorie, tant que les taux obligataires restent bas et que l’économie semble bien performer, la bourse devrait générer plus de rendement que les obligations.

Mais la vérité, c’est que personne ne le sait vraiment!

Investir en bourse est-il toujours le plus rentable?

La croyance voulant qu’investir en bourse rapporte un rendement supérieur aux autres catégories d’actif est vraie si vous aviez investi sur le marché américain, mais pas au Canada.

En effet, le marché boursier américain a réellement donné des rendements supérieurs aux obligations américaines de 4,7 % sur 66 ans et de 1,3 % sur 30 ans.

Faudrait-il donc penser investir uniquement sur le marché américain?

Pas nécessairement. Tout change très rapidement. Et on se rend compte depuis quelques années déjà que la production mondiale et l’économie en général se déplace rapidement vers l’Asie…

 

1 Investir en bourse comporte souvent des avantages fiscaux

Plusieurs pays offrent un avantage fiscal à investir dans les actions au lieu des obligations. Cela incite les investisseurs à prendre plus de risque et ainsi, stimuler leur économie.

Nous ne traiterons pas des différents avantages fiscaux ici. Mais, selon votre situation fiscale (il vaut mieux consulter), le profit lors de la vente des actions ainsi que le revenu de dividende pourrait vous coûter moins cher en impôt que les revenus d’intérêt.

 

2 Pour investir en bourse, il faut aussi être à l’aise avec sa volatilité 

La volatilité se définit comme étant la variation (positive ou négative) de valeur dans le temps.

Et c’est cette volatilité non désirée qui fait peur autant aux petits investisseurs comme vous et moi qu’aux grands investisseurs institutionnels du monde entier.

La volatilité, c’est en quelque sorte le prix à payer pour profiter d’un meilleur rendement à long terme.

3 Bien choisir son gestionnaire

Pour investir avec succès en bourse, il faut bien choisir ses gestionnaires.

Il est connu que 80 % des gestionnaires ne réussissent pas à faire mieux que la moyenne.

Et comme la moyenne se traduit par l’indice boursier, vous pourriez tout simplement acheter l’indice boursier (sous la forme d’un fonds indiciel via un ETF). Plutôt que de mandater un gestionnaire ou de tenter vous-même de faire mieux… que la moyenne.

Mais si vous avez déjà un gestionnaire qui obtient de bien meilleurs résultats que la moyenne sur le long terme – et j’en nomme quelques-uns dans mon livre -, vous pourriez penser allouer une partie de votre patrimoine aux différents marchés boursiers du monde.

Sinon…

 

Marc Blais 

Votre coach financier