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Tout le monde sait qu’investir en bourse est ce qu’il y a de plus rentable à long terme!

Dans le domaine de l’investissement, comme dans plusieurs domaines, il existe des croyances. Une de celles-là est à l’effet qu’investir en bourse est plus rentable à long terme que d’investir dans les titres à revenu fixe (comme les obligations et les certificats de dépôts).

Mais est-ce toujours vrai?

Un siècle de rendement boursier, selon Ben Graham

Au chapitre 4 de son livre L’investisseur intelligent, Graham étudie le comportement du Dow Jones (DJIA) et du S&P 500 de1900 à 1970.

Il distingue principalement 3 phases :

  • De 1900 à 1924, il y a eu une alternance de cycles haussiers et baissiers qui duraient entre 3 et 5 ans. Le rendement annuel moyen était de 3% par an environ.
  • Ensuite, il y a eu un marché haussier suivi de la Grande Dépression de 1929. Jusqu’en 1949, le marché a eu des fluctuations irrégulières. Et sa performance moyenne a été de 1,5% par an. Autant dire qu’en 1949, le nombre de personnes enthousiastes à l’idée d’acheter des actions était considérablement réduit. Était-ce le temps d’acheter?
  • Évidemment, par la suite, le marché fut fortement haussier jusqu’en 1969 ! Il y a bien eu deux récessions importantes en 1956-57 et 1961-62. Mais de courtes durées, et suivies d’une reprise fulgurante. La performance moyenne du DJIA de 1949 à 1969 a été de 11% par an, sans compter les dividendes, qui étaient d’environ 3,5% par an. En 1969, tout le monde pensait que de tels résultats pouvaient continuer indéfiniment…

Et c’est alors que le DJIA s’est effondré de 37% !

La performance de 1949 à 1971 s’est alors établie à 9% par an pour le S&P 500.

Par ailleurs, l’évolution des bénéfices des entreprises a à peu près été constamment en hausse. Il n’y a que deux décennies de baisse (1891-1900 et 1931-1940), ce qui justifie la viabilité d’avoir une partie de ses investissements dans des actions à long terme de manière consistante.

Le ratio cours/bénéfice par action des indices de l’indice S&P 500 n’était que de 6,3 pour le S&P 500 en juin 1949, alors que le dividende était de 7%.

Quand les rendements boursiers et obligataires vont d’un extrême à l’autre

En mars 1961, le PE était de 22,9 pour un dividende de 3%. En d’autres termes, on pouvait acheter les actions de sociétés américaines en ne payant que 6,3 fois leurs bénéfices en 1949. Alors qu’en 1969, il fallait payer 22,9 fois leurs bénéfices, soit environ 3,6 fois plus cher !

Et entre temps, les taux des obligations sont montés de 2,6% en 1949 à 4,5% en 1961. Voilà qui dénote un vrai changement d’attitude envers les actions entre les deux époques. On était clairement prêt à payer les bénéfices des entreprises du S&P 500 beaucoup plus cher en 1961 qu’en 1949.

Bref, le passage des rendements d’un extrême à l’autre doit éveiller la plus grande précaution chez l’investisseur, car cela peut indiquer que le marché actions est surévalué.

En se référant au marché boursier en 1972, Graham dit qu’il faut être prêt à affronter une chute du marché actions pour engranger des profits supérieurs. Le futur lui donnera raison avec la terrible récession de 1973-1974… (Source de cette section)

Voyons le rendement comparatif des actions et des obligations?

Voyons attentivement le rendement comparatif des actions et des obligations au cours de deux longues périodes, soit de 1946-2012 (66 ans) et de 1982-2012 (30 ans).

Il est important de se souvenir que les rendements passés ne sont pas toujours garants des rendements futurs.

Toutefois, on sait que plus on considère une longue période en arrière, moins on devrait se tromper. Généralement, en tout cas!

Les chiffres qui suivent me viennent d’une étude de Desjardins qui s’intitule « Rendement des grandes classes d’actif à long terme ». L’étude date de 2013. Elle exclut donc les excellents rendements boursiers des quatre dernières années. Et j’en suis bien conscient.

Mais, il s’agit d’une étude qui mesure les rendements comparatifs des actions et des obligations canadiennes pour deux longues périodes. Soit :

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Des statistiques sur 66 ans et 30 ans

Pour la période 1946-2012, le rendement des actions canadiennes a surpassé celui des obligations de 10 ans du gouvernement canadien par près de 3 %. Impressionnant!

Toutefois, pour la période de trente ans de 1982 à 2012, le taux moyen annuel de rendement de la Bourse de Toronto a été de 9 % approximativement. Et le rendement des obligations canadiennes garanties par l’état, de tout près de 11 %!

Ces chiffres contredisent vraiment la croyance indiquant qu’investir en bourse soit plus rentable que d’investir dans les obligations à long terme.

Mais comment expliquer cela?!

Au cours de la période de 12 ans (2000-2012), le marché boursier canadien a augmenté de 5,4 %. Tandis que sur la même période de 10 ans, les obligations du gouvernement canadien ont rapporté 7,4 %!

Encore un revers pour la croyance voulant qu’il soit toujours plus rentable d’investir dans les actions!

Il faut dire que les années 2000-2009 ont été une décennie perdue pour la bourse avec un rendement boursier moyen annuel de 5,7 % au Canada et -0,09 % aux États-Unis!

Pour la même période de 10 ans, les rendements des obligations d’état de durée fixe de 10 ans ont été respectivement de 6,7 % et 5,9 %.

Quel sera le rendement de la prochaine décennie (2010-2019)?

En théorie, tant que les taux obligataires restent bas et que l’économie semble bien performer, la bourse devrait générer plus de rendement que les obligations.

Mais la vérité, c’est que personne ne le sait vraiment!

Investir en bourse est-il toujours le plus rentable?

La croyance voulant qu’investir en bourse rapporte un rendement supérieur aux autres catégories d’actif est vraie si vous aviez investi sur le marché américain. Mais pas au Canada.

En effet, le marché boursier américain a réellement donné des rendements supérieurs aux obligations américaines de 4,7 % sur 66 ans et de 1,3 % sur 30 ans.

Faudrait-il donc penser investir uniquement sur le marché américain?

Pas nécessairement. Tout change très rapidement. Et on se rend compte depuis quelques années déjà que la production mondiale et l’économie en général se déplace rapidement vers l’Asie…

1 Investir en bourse comporte souvent des avantages fiscaux

Plusieurs pays offrent un avantage fiscal à investir dans les actions au lieu des obligations. Cela incite les investisseurs à prendre plus de risque et ainsi, stimuler leur économie.

Nous ne traiterons pas des différents avantages fiscaux ici. Mais, selon votre situation fiscale (il vaut mieux consulter), le profit lors de la vente des actions ainsi que le revenu de dividende pourrait vous coûter moins cher en impôt que les revenus d’intérêt.

2 Pour investir en bourse, il faut aussi être à l’aise avec sa volatilité

La volatilité se définit comme étant la variation (positive ou négative) de valeur dans le temps.

Et c’est cette volatilité non désirée qui fait peur autant aux petits investisseurs comme vous et moi qu’aux grands investisseurs institutionnels du monde entier.

La volatilité, c’est en quelque sorte le prix à payer pour profiter d’un meilleur rendement à long terme.

3 Bien choisir son gestionnaire

Pour investir avec succès en bourse, il faut bien choisir ses gestionnaires.

Il est connu que 80 % des gestionnaires ne réussissent pas à faire mieux que la moyenne.

Et comme la moyenne se traduit par l’indice boursier, vous pourriez tout simplement acheter l’indice boursier (sous la forme d’un fonds indiciel via un ETF). Plutôt que de mandater un gestionnaire ou de tenter vous-même de faire mieux… que la moyenne.

Mais si vous avez déjà un gestionnaire qui obtient de bien meilleurs résultats que la moyenne sur le long terme – et j’en nomme quelques-uns dans mon livre -, vous pourriez allouer une partie de votre patrimoine aux différents marchés boursiers du monde.

Marc Blais