L’économie mondiale, c’est 13T$ d’obligations à taux négatif 

La question que l’on me pose: comment investir intelligemment quand les taux obligataires sont négatifs?

Bonne question!

On commence à se demander où l’économie s’en va…

En fait, les gouvernements avancent clairement en terrain inconnu. On est n’est jamais allé aussi loin dans la pratique pour tester les théories économiques actuelles sur le terrain.

Il faut se rappeler que depuis que la Suisse a émise une première fois des obligations d’états à taux négatifs, en avril 2015, plusieurs autres pays ont suivi dont l’Allemagne, les États-Unis, la France et le Japon.

Et malgré l’annonce d’un hausse récente des taux aux USA, les taux des emprunts obligataires n’a pas vraiment bougé…

Investir à taux négatif veut dire que vous devez payer pour prêter votre argent!

C’est incroyable à écrire mais on retrouve aujourd’hui pas moins de 13T$ de titres obligataires à taux négatifs. En chiffre, ça donne ceci: 13,000,000,000,000$. (Je préfère les chiffres car je sais que l’humain a de la difficulté à visualiser une somme pareille!) 

Si vous avez encore de la difficulté à visualiser cet énorme chiffre, dites vous que 13T$, c’est la moitié de la dette que les américains ont accumulé depuis le tout début de leur histoire, il y a plus de 200 ans!

 

Les obligations à taux négatif sont-elles nécessaires?

Le but des banques centrales est de:

  1. Convaincre l’investisseur d’investir dans l’économie réelle. (Pourtant ni les banques ni les gouvernements ne l’ont fait de façon substantielle depuis la crise de 2008).
  2. Faire augmenter l’inflation car ils jugent que plus d’inflation est nécessaire à la croissance économique. (Pourtant, je trouve que je paie assez cher mon épicerie et le reste. Pas vous?)
  3. Alléger la charge d’intérêt des gouvernements sur leurs obligations. (Ils en ont bien besoin car les déficits annuels demeurent élevés en dépit des bas taux d’intérêt).

Mais on ressent toujours l’impact de la crise financière de 2008 et la croissance est restée faible malgré les chiffres officiels.

Et les banques continuent de se fragiliser en dépit de plusieurs mesures des banques centrales.

La confiance est un mot si important en finance! Pourtant, elle s’effrite cette confiance…

Les banques centrales devront-elles encore innover pour inventer une façon de stimuler l’économie, faire augmenter l’inflation, solidifier les banques et réduire le chômage?

Comment feront-elles? En imprimant (encore plus) de l’argent… qu’elles n’ont pas?

 

Le problème des bas taux d’intérêt 

obligations à taux négatifÀ première vue, les bas taux sur les emprunts d’états aident à réduire le déficit, donc cela devrait être bon pour l’économie réelle.

Mais pour nous investisseurs, c’est mauvais!

Et l’investisseur Bill Gross, le roi du marché obligataire mondial, est du même avis que moi car il a annoncé en 2016 qu’il prenait un congé temporaire du marché obligataire.

Dites vous bien que quand le roi du marché obligataire se retire, c’est qu’il a de bonnes raisons de le faire!

Selon Bill Gross, le faible niveau des taux d’intérêt – même aux Etats-Unis où les taux sont sont encore positifs – fait courir un risque aux investisseurs!

Gross attend sans doute de voir la suite des événements avant de revenir au marché obligataire.

 

L’avenir du marché obligataire selon Bill Gross

Selon Bill Gross;

Le remède actuel à la crise de la dette, à savoir plus de dette, ne peut se terminer que dans les pleurs. Les politiques d’assouplissement quantitatif et leur corollaire actuel, des taux d’intérêt négatifs sur certaines maturités de certains emprunts d’Etat, conduisent à des bulles sur la plupart des actifs.

Le propre des bulles étant qu’elles finissent toujours pas exploser, Gross nous confie son inquiétude. Et nous invite à la partager : “I have unrest, increasingly a great unrest. You should as well.”

Selon lui, les gérants et les investisseurs, égarés par 35 années de performances anormalement élevées, doivent diminuer considérablement leurs attentes en matière de rendement dans le futur.

Pour Gross, un ajustement inévitable se prépare, tant sur les obligations que sur les actions.

 

Parions qu’il est (lui aussi) au courant de la difficulté majeure à laquelle font face nos assureurs vie et nos fonds de pension. Ceux-ci tentent par tous les moyens de générer un rendement décent et de faire face à leurs obligations dans un environnement de taux négatifs. Rappelons qu’ils sont souvent contraint, par la loi, d’investir dans des titres à revenu fixe garantis par nos gouvernements.

 

Une épée de Damocles pour les assureurs vie et les fonds de pension

Comment est-ce que les rentes souscrites de sociétés d’assurance vie et les pensions à revenus garanties contractées alors que les taux de rendement prévus étaient de 6% vont-elles être versées aux nombreux détenteurs alors que les taux de rendement obtenus seront négatifs?

Chaque jour qui passe amplifie le problème de ces importantes institutions financières et ce PARTOUT dans le monde.

Ne pensez pas que je parle de pays lointains et sous-développés. Je parle de l’Europe, de l’Amérique du Nord et du Japon. Les plus grandes économies du monde!

Imaginez qu’il y aura donc des répercussions partout, que vous soyez européen ou américain.

Protégez votre patrimoine !

Bonne semaine à vous!

Marc

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